Combler les lacunes de l’infrastructure des VE

April 20, 2022

Par Thayani Dayahparan, Architecte principal des solutions et de l’innovation, Metro Chaîne d’Approvisionnement

Les entreprises de logistique basées au Canada n’ont plus beaucoup de temps pour remplacer leurs flottes par des camions électriques. Le gouvernement canadien vise à ce que d’ici 2040, tous les camions moyens et lourds vendus au Canada soient à émission zéro. Cependant, puisque les consommateurs sont de plus en plus conscients de l’environnement, il est probable que les entreprises devront passer aux véhicules électriques (VE) bien avant cette date. Les fabricants automobiles étant de plus en plus nombreux à développer des VE et la technologie des batteries continuant à s’améliorer, les entreprises devraient pouvoir acheter plus facilement des véhicules commerciaux à émissions zéro au cours des prochaines années. Il pourrait toutefois s’avérer difficile de trouver des endroits pour recharger ces véhicules.

Selon Ressources naturelles Canada, il y a présentement 6 608 bornes de recharge à travers le pays, mais peu d’entre elles sont le type de superchargeurs dont les camions ont besoin pour une recharge rapide. Bien que les camions puissent utiliser des chargeurs standard, il leur faudrait des heures avant de pouvoir reprendre la route. Des améliorations sont prévues dans le cadre du Programme d’infrastructure pour les véhicules à émissions zéro : le gouvernement s’engage à investir 280 millions de dollars d’ici 2024 dans la création de bornes de recharge pour VE. Toutefois, le programme est davantage axé sur les véhicules de tourisme et sur l’installation de bornes dans les zones les plus densément peuplées, ce qui ne convient pas aux flottes de véhicules électriques de classe 5 et plus.

Comme le secteur des transports est à l’origine d’au moins 25 % des émissions de gaz à effet de serre au Canada — les émissions liées au transport de marchandises représentant 42 % de ce chiffre — il est nécessaire d’investir davantage d’efforts concertés dans le développement de l’infrastructure des VE pour le secteur croissant de la logistique au Canada. [Pour en savoir plus sur la façon dont les émissions de carbone affectent notre climat, consultez le dernier livre blanc de Metro Chaîne d’Approvisionnement : Vers l’électrification des flottes : un guide pour la livraison du dernier kilomètre sans émission].

J’ai récemment parlé avec Daniel Breton, PDG de Mobilité Électrique Canada, qui affirme qu’« il n’y a aucune raison pour que le pays ne puisse pas mettre en place une infrastructure plus axée sur les véhicules lourds ». Il cite l’exemple de Shenzhen, en Chine, où 100 % des autobus urbains sont électriques, tandis que d’autres pays, comme la Norvège, déploient rapidement des bornes de recharge rapide DC dans tout le pays. « C’est faisable parce que nous savons que ça se fait ailleurs dans le monde », a-t-il expliqué. « Pour nous, dire que c’est trop compliqué, ou que nous ne pouvons pas le faire, pour moi, ça ne devrait pas être un problème. »

Une infrastructure complexe

La construction de l’infrastructure nécessaire devra probablement être réalisée par les secteurs privé et public. Des entreprises comme la nôtre peuvent créer quelques bornes qui permettent les livraisons du dernier kilomètre dans les noyaux urbains, mais il est beaucoup plus difficile de soutenir les expéditions à longue distance qui nécessitent un rechargement sur les autoroutes du Canada. Les entreprises ont également besoin d’incitatifs pour construire leur propre infrastructure et, à l’heure actuelle, il n’existe pas beaucoup de programmes qui peuvent aider à compenser le coût de plus de 100 000 $ des unités de recharge. Il est difficile de faire une demande pour les programmes existants et il faut parfois attendre des mois pour obtenir une réponse.

Par ailleurs, il s’agit de projets très complexes qui, contrairement aux stations-service traditionnelles, ne peuvent pas toujours être reproduits à travers le pays. Par exemple, un chargeur installé à Montréal, où il fait plus froid et où il y a beaucoup de chutes de neige, doit être scellé différemment de celui installé à Vancouver, où les températures glaciales sont rares. Tous les chargeurs ne fonctionnent pas non plus de la même manière. Même la façon dont un camion s’approche d’un chargeur doit être prise en compte.

L’installation des bornes

Le manque d’infrastructure au Canada entraînera sans aucun doute un ralentissement de l’adoption des VE parmi les exploitants de flottes. Pour Metro Chaîne d’Approvisionnement, cependant, cela signifie qu’il faudra commencer à mettre en place nos propres installations de recharge. Nous avons récemment pris possession de six VE lourds de classe 6 en 2021, et nous en achèterons d’autres au cours de l’année à venir. Nous continuerons à nous développer davantage pour soutenir nos objectifs et ceux de nos clients. Avec le temps, nous espérons faire passer l’ensemble de notre flotte à zéro émission, ce qui signifie que nous avons besoin de l’infrastructure dès maintenant. En 2021, nous avons construit des chargeurs dans deux entrepôts, un à Vancouver et un à Montréal, et nous espérons en créer d’autres à travers le pays.

S’il a été plus facile pour nous de continuer à électrifier notre flotte grâce à des partenariats comme celui que nous avons conclu avec IKEA pour offrir à ses clients une livraison à zéro émission, notre parcours n’a pas été sans difficulté. Par exemple, à Vancouver, nous nous sommes retrouvés dans une situation difficile : nous étions en train de déménager d’un entrepôt à un autre. L’installation, le démontage et la réinstallation des chargeurs sont incroyablement coûteux. Nous avons donc conçu et créé une borne de recharge mobile personnalisée qui peut être facilement déplacée et qui répond aux besoins changeants de notre entreprise. Bien que nous soyons encore en train de tester ces chargeurs, nous espérons qu’ils pourront combler certaines lacunes en matière d’infrastructure, car ces bornes peuvent être déplacées là où elles sont le plus nécessaires.

Il faudra peut-être encore des années avant que les camions électriques puissent sillonner le pays aussi facilement que les véhicules à moteur à combustion interne le font maintenant, mais ce jour viendra — il le faut. Si le Canada veut réduire ses émissions à zéro d’ici 2050, nous aurons besoin d’un système de recharge fiable pour le secteur de la logistique. Entre-temps, comme nos clients sont de plus en plus nombreux à vouloir réduire leurs propres émissions, nous avons l’occasion de prendre l’initiative en proposant des solutions d’infrastructure novatrices qui feront progresser l’ensemble de l’industrie.

Metro Supply Chain

À propos de metro chaîne d’approvisionnement

Basé au Canada, metro chaîne d’approvisionnement crée et fournit des solutions de chaîne d’approvisionnement qui aident certaines des plus grandes et plus célèbres marques à améliorer leurs activités. Depuis plus de 40 ans, le groupe a pris de l’envergure avec plus de 80 sites et 6 000 employés en Amérique du Nord et en Europe. L’échelle, les capacités et la structure entrepreneuriale de Metro Supply Chain lui permettent de répondre aux besoins de chaîne d’approvisionnement les plus complexes de ses clients, y compris la création de réseaux de traitement des commandes et de livraison au « dernier kilomètre » pour le commerce électronique.